Vaccination ! Avez-vous raisons de la craindre (ou pas) ?

Peur du vaccin

On voit bien la défiance face à la vaccination alors que le gouvernement tourne autour de l’idée de la rendre obligatoire contre le COVID19.

Spoiler, ils ne le feront pas, ce serait une levée de bouclier. Il faut croire que c’est plus facile de confiner un pays que de le vacciner… pourquoi ? Je vais tenter une approche de nos réticences générales à la vaccination.

Mais concrètement, est-il souhaitable de se faire injecter un produit alors que nous sommes « non malades » ?

Décryptage :

lecture environ 10 minutes

Un vaccin, c’est le contraire d’un médicament !

Si je suis malade, je vais consulter un médecin qui me prescrit un traitement : un ou des médicaments adaptés pour lutter contre ma maladie.

Déjà, on peut en distinguer plusieurs catégories d’action :

Le traitement de la cause de la maladie

Ce sont les médicaments qui agissent directement sur le problème de santé.

Un cas typique, ce sont les antibiotiques : ils servent uniquement à tuer les bactéries responsables d’infections. Pas de bactérie pathogène? Pas d’antibiotique. Et c’est un peu entré dans les meurs : Les antibiotiques, c’est pas automatique ! Bref.

Ce sont des traitements curatifs

Le traitement des conséquences de la maladie

Ici, nous trouvons les médicaments qui allègent les symptômes de la maladie.

Typiquement, le paracétamol, « double action », en est un parfait exemple :

Il abaisse la fièvre et diminue les douleurs sans traiter les causes de fièvre et de douleurs.

Ce sont les traitements symptomatiques

Un traitement classique sera une association des 2 types de traitements.

Mais, bien entendu, la médecine étant à la portée d’un élève de primaire, c’est aussi simple que cela… ou pas…

S’il faut 8 à 12 ans d’études post bac pour être médecin, c’est qu’il doit y avoir quelques subtilités, vous en conviendrez.

Un médicament peut à la fois être des 2 catégories, en même temps ou dans des maladies différentes.

Une cause de maladie peut être la conséquence d’une autre donc le traitement est à la fois sur les causes et les conséquences…

On donne aussi des traitements « pour qu’une maladie n’arrive pas », classiquement, un anticholestérol traite non pas une maladie mais la cause d’une maladie avant que celle-ci survienne. On règle les fonctions de l’organisme pour ne pas avoir de maladie…

Il existe aussi des traitements palliatifs, on ne soigne pas mais on soulage.

Bref, si vous voulez tout comprendre, vous pouvez vous inscrire à la fac de médecine près de chez vous…

Mais ! Tu n’as pas parlé des vaccins !

Vaccination

Effectivement, c’est un cas à part. Il s’agit d’un médicament qu’on injecte lorsqu’on n’est pas malade. Donc, ni maladie, ni dérèglement qui peut provoquer une maladie ne sont nécessaire pour invoquer la prescription d’un vaccin.

Et là, autant quand on a mal ou 40° de fièvre, c’est facile d’avaler des comprimés, autant quand on est sain, on hésite à se faire injecter un truc sorti d’un labo…

Et comble du comble, en général, c’est à des bébés qu’on veut en injecter un max ! Votre bébé ! Alors, vous qui voulez manger sain voire bio pour votre bébé, vous qui vous posez des questions sur la composition des couches ou les additifs présents dans les biberons, accepter la vaccination est une entorse à vos convictions. Je suis passé par là et c’est assez troublant comme période.

Maintenant, avec du recul, je me rends compte qu’une des principales sources de confusion est le manque de connaissance.

Alors révisons ou apprenons.

Notre immunité, notre médicament naturel !

Effectivement, nous ne sommes pas démunis de médicaments fabriqués par notre propre corps. Et dans le secteur des maladies infectieuses (virus, bactéries, mycoses et parasites), c’est notre système immunitaire qui intervient

Le système immunitaire apprend tout seul à se défendre

Donc, effectivement, pour un bon nombre de maladies, notre système immunitaire apprend tout seul à se défendre en rencontrant les virus et bactéries. Et ça marche super bien … sauf sur certaines maladies qui évoluent trop rapidement ou trop fortement.

Notre système immunitaire a besoin :

1- de rencontrer l’agent pathogène (nom qui regroupe l’ensemble des virus, bactéries, mycoses ou parasites responsables d’une maladie),

2- de spécialiser une lignée de lymphocytes (globules blancs) sur la reconnaissance du pathogène,

3- de multiplier les lymphocytes chargés de fabriquer des anticorps spécialisés contre le pathogène,

4- d’augmenter la réponse immunitaire (nombre de lymphocytes, quantité d’anticorps) suffisamment pour vaincre le pathogène.

Et ce processus consomme de l’énergie (c’est pourquoi on est à plat lorsqu’on est malade) et du temps.

Les pathogènes évoluent aussi !

Mais voilà, un agent pathogène est doué de réplication : il se multiplie, se répand.

Alors il y a un combat de vitesse entre notre système immunitaire et le pathogène.

Les maladies « paresseuses »

Si une maladie évolue lentement, notre système immunitaire est capable de nous protéger rapidement, c’est le cas de tous les rhumes bénins. Et vu le nombre de virus et bactéries qui traînent dans notre environnement, dans de nombreux cas, nous ne sommes même pas malades que nos défenses immunitaires sont actives.

Les mauvaises rencontres du passé

Si nous avons déjà rencontré un pathogène, la réponse de notre système immunitaire sera rapide grâce aux lymphocytes mémoires. Le pathogène est détecté bien plus tôt et la réponse des anticorps est déjà préprogrammée.

Les pathogènes agressifs

Dans ce cas, l’agent pathogène va se multiplier trop rapidement pour la réponse immunitaire. Notre organisme est dépassé et doit lutter très fortement.

Epuisé, il peut être submergé et entrainer un décès.

Ou la maladie nous laisse des séquelles.

Heureusement ces maladies sont assez rares mais malheureusement célèbres.

Poliomyélite, variole, oreillons, rubéole, tuberculose, rougeole, fièvre jaune…

La rage est un cas particulier, le pathogène a un long temps d’incubation (il est présent mais en « sommeil » pendant 3 semaines avant de développer la maladie)

VIH, dengue, chikungunya, zika, ébola…

Ouah ! Ces noms ne donnent pas envie…

Mais avez-vous remarqué que j’ai séparé 2 listes par la rage ?

Non ? Regardez-bien !

  • Poliomyélite, variole, oreillons, rubéole, tuberculose, rougeole, fièvre jaune…
  • VIH, dengue, chikungunya, zika, ébola…

En quoi ces 2 listes diffèrent ?

Gagné, pour la première liste il existe des vaccins, pas la seconde.

Un vaccin, c’est quoi ?

Pour faire ultra simple : c’est vous injecter une maladie virale ou bactérienne atténuée, ou inactivée pour que votre système immunitaire rencontre cette maladie, apprenne à s’en défendre avant d’éventuellement rencontrer le vecteur de la maladie « pour de vrai ».

Ainsi, lorsqu’on rencontre la vraie maladie, notre système immunitaire est beaucoup plus rapide pour répondre et le fait avant que les pathogènes prennent le dessus.

Un vaccin est un traitement préventif.

Mais un vaccin, c’est dangereux, non ?

Ok, thromboses, allergies… oui, comme tout, un vaccin peut avoir des effets secondaires plus ou moins graves. Cependant, en médecine, on calcule un ratio bénéfice / risque. Et il est TOUJOURS extrêmement favorable au vaccin versus maladie.

Les donnés récentes sur les nouveaux vaccins COVID le prouvent : quelques cas par millions de troubles graves et décès contre des milliers de réanimations, décès, arrêts maladies, des syndromes de COVID long, du confinement, de la crise économique pour le virus. Et on a quand même peur de se faire vacciner ?

Ok, mais si je fais gaffe, je n’ai pas besoin de me faire vacciner

Faire gaffe ? Ah, gestes barrières, gel hydroalcoolique et masque ? Oui, on peut dire ça et pourtant l’épidémie a fait des ravages en maisons de retraites pourtant confinées… C’est ce qu’il faut faire lorsqu’il n’y a pas de vaccin, justement.

Car les vaccins ce n’est pas que pour soi !

Pour qui sont les vaccins alors ?

En fait, il y a 2 effets kisscool dans les vaccins :

Individuellement, le vaccin vous protège

C’est à dire que vous pouvez soit

  • éviter la maladie,
  • abaisser le niveau de gravité de la maladie

Rien que ça, c’est pas mal mais il y a mieux :

Collectivement, le vaccin protège les plus faibles et éradique des maladies

Ceci veut dire que dans une population, il y a toujours une partie de personnes non vaccinées car non vaccinables (contre indication médicale), vaccinées mais sans effet (le vaccin ne confère pas l’immunité) ou non vaccinées par conviction.

Cependant, lorsqu’un taux de vaccination est atteint dans la population, il abaisse le fameux R0 rendant l’épidémie impossible. Fin du game pour la maladie qui soit disparait du paysage soit tente parfois de petites percées sans franc succès.

On a même fait disparaitre une maladie ravageuse de la planète

La variole est la première pathologie infectieuse définitivement éradiquée de l’humanité en 1980 ! Grâce aux ? Grâce aux ? … vaccin !!!

Des campagnes de vaccination internationales se sont montrées redoutablement efficaces. Mais pensez aussi à la poliomyélite, c’est une maladie qui a quasiment disparu de la surface terrestre. En tout cas, on n’en entend plus parler dans les pays vaccinés.

Et la vaccination COVID alors ?

Pareil, les pays ayant pratiqué une vaccination rapide et massive (Israél, notamment) ont retrouvé une vie normale et ont évité une nouvelle vague épidémique. Ils ont sauvé tous ceux qui en seraient morts.

De plus, plus de nouveaux variants possibles car plus d’épidémie en cours.

En France, on traine… 45% de la population a reçu une dose… moins de 20% dans les outre-mer… et ça coute cher en vies humaines, en surcharge hospitalière, économiquement, demandez à un restaurateur… socialement car on maintient des gestes barrières… tout ça pour éviter 2 petites piqûres…

On n’a pas atteint le seuil d’immunité collective, donc on a encore les effets indésirables de l’épidémie, un risque de reconfinement, un risque de voir apparaitre d’autres variants.

Vaccinés, libérés ! Pourrait chanter la Reine des Neiges

Ce serait si simple. Alors comment expliquer la défiance envers le vaccin ?

Un biais cognitif bien connu qui s’appelle l’ancrage :

Nous restons bloqués sur nos premières impressions.

Discours flou, annonces de faible efficacité, puis de risques sur évalués par les médias, technologie vaccinale inédite (Vaccin ARN), lobbying anti labo pharmaceutiques… Plantez cette idée en novembre et un grand nombre de personnes vont rester ancrées dessus malgré les évolutions.

Rappelez-vous des vaccins efficaces à moins de 40%, ils ont évolué, ils se perfectionnent de lot en lot et atteignent tous une efficacité d’au moins 90%.

Ils ont été testés vite, c’est vrai, puis ont été injectés à une population fragile, moins sensible pour développer une immunité et plus encline à faire des réactions au vaccin : les personnes âgées…

Un autre biais, l’aversion à la perte

Nous n’aimons pas perdre quelque chose or le vaccin est présenté avec comme intérêt de ne pas avoir la maladie (c’est pas un gain, c’est un évitement de risque, et ça notre cerveau n’est pas cablé pour l’apprécier correctement) mais présente des risques même très faibles. On focalise sur les pertes risquées en se vaccinant sans évaluer correctement la faiblesse de ce risque et la protection conférée.

Ici, un petit rappel des biais cognitifs…

Une manipulation de l’information

par les médias en quête de clics, publicités et revenus de vente

Dire la vérité sur les vaccins n’est pas journalistiquement « sexy ».

Pour vendre du papier, il faut du croustillant, de la peur !

C’est en partie de la faute des lecteurs, mais les journaux ont vraiment forcé le trait.

par des personnes militantes de longue date

Qui ont eu une tribune sans précédent pour leurs thèses. Un terreau fertile de personnes tellement matraquées quotidiennement d’infos angoissantes, de restrictions des droits, de vie sociale qu’ils sont plus enclins à écouter un discours comme celui des antivax. Un remake de David contre Goliath…

par nos gouvernants qui devraient se renseigner avant de parler !

Eh, oui, la perte de confiance dans la gestion de crise, avec l’histoire des masques, les révélations sur la sape systématique de notre système de santé dans les décennies précédentes… le politique n’est plus si crédible.

Alors quand il annonce que la campagne de vaccination démarre, c’est avec cafouillages non assumés de manque de logistique et de stocks. Ce qui semble normal : organiser la double vaccination de 60 millions de personnes dans un système inédit et sur un territoire vaste et complexe (il faut compter les outre-mer et les spécificités locales) est une entreprise complexe alors l’imaginer sans heurts c’est croire aux bisounours !

Cependant, nous sommes en capacité d’entendre ces difficultés si on nous avertis franchement et en transparence. Mais franchise et transparence ne sont pas dans les meurs politiques…

Conclusion : La vaccination est sure et efficace, c’est « prouvé » !

Vaccinez-vous et faites la promotion de la vaccination. C’est un remarquable progrès de la médecine qui sauve des millions de vies chaque année à travers le monde. Qui nous évite de voir des personnes atteintes de complications, qui protège les plus faible par un petit acte altruiste de tous.

Et pour ceux qui veulent lutter contre bigpharma, si un vaccin vaut 20€ et s’injecte 1 fois dans la vie ou tous les 10 ans, quelles sommes bigpharma perd des traitements vendus à chaque malade évité ?

Une journée en réa coute 1500€, avec le covid, la moyenne des hospitalisations en réa est de 21 jours… et entre 3 et 6 mois de rééducation post réa prolongée…

Sans parler de réa, 3 jours de paracétamol c’est 1,82€. Le COVID, c’est 10 jours auxquels il faut ajouter les examens… Même pour un COVID « simple » la maladie rapporte plus que le vaccin à bigpharma…

Sources

Cet article représente mon opinion sur la vaccination. Comme je vous l’ai dit lors du défi, un avis même d’expert n’est pas une preuve en soi.

Par contre, mon opinion est standard par rapport au consensus médical sur la vaccination. En ce sens, il est conforme à la meilleure information scientifique disponible au moment de sa publication.

Mes sources de réflexion sont les chiffres officiels en France et dans le monde (Israél), les informations journalistiques de la période COVID et des notions de cours en santé, infectiologie, pharmacologie et épidémiologie / santé publique.

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2 commentaires

  • Bonjour merci pour cet excellent article sur le vaccin du Covid-19, j’avoue que si j’avais contracté le virus j’allais me vacciner mais je me focalise plus sur les plantes pour booster mon système immunitaire, et chaque jour j’arbore mon masque pour aller bosser, il faut gérer les examens de fin d’année, nous sommes en contact avec les élèves, nos collègues et on fait du mieux qu’on peut 😊. Le vaccin j’y songe mais j’ai peur, je pense à ma fertilité a long terme, aux conséquences dans mon ADN, et la question qui revient avec redondance: à long terme quels sont les conséquences? Et pourquoi est – ce – que le premier vaccin beaucoup sont morts? Ce n’est pas pour vous invectiver ou écraser cet espoir de sauver la population mondiale, mais nous restons sceptique, et c’est difficile de cultiver le bon scepticisme en ce moment. Je prie que les médecins nous rassurent par rapport à la durabilité du vaccin, car ce sujet fait couler beaucoup de salive. Merci encore pour cet excellent article😊

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    • Merci pour ce commentaire.
      Je souhaite ce type d’échanges, j’étais très méfiant vis-à-vis des vaccins. Le problème est que pour comprendre les réels enjeux, il faut chercher des informations fiables et ce n’est pas facile.
      C’est coûteux en temps de cerveau… et nécessite d’avoir appris une méthode de recherche. Ce que les programmes scolaires ne font pas.
      Infirmier de formation, j’avais très peu de réelles connaissances sur les vaccins (le calendrier vaccinal, technique d’injection, pathologies ainsi évitées, oui mais guère plus…)
      Alors j’ai cherché.
      Ce que je peux dire, c’est que NON, les vaccins ne modifient pas notre ADN, donc aucun risque à long terme de ce côté.
      Non, ce vaccin ne provoque pas plus de morts ou d’accident graves que les autres (on parle de quelques dizaines de cas par million de vaccinés, le COVID, c’est proche d’un 1 cas grave ou décès pour cent infectés). Les vaccins courants ont le mêmes taux d’accidents, plus ou moins (fièvre jaune est assez difficile à supporter)
      Un vaccin agit en quelques semaines et DISPARAIT entièrement de l’organisme. Une fois l’immunité acquise, c’est notre seul système immunitaire qui est aux commandes.
      Par contre il reste des inconnues : les vaccins COVID resteront-il efficaces contre les futurs variants ? Quelle est la véritable durée de la protection ? Pour le BCG c’est environ à vie, pour de nombreux vaccins, c’est environ 10 ans, pour la grippe, c’est une version chaque année… COVID, c’est au moins 8 mois mais on sait pas. D’où la nécessité de vacciner massivement rapidement pour abattre l’infection et éviter l’arrivée de variants ou d’une baisse d’immunité vaccinale après 8 mois…
      Ma stratégie personnelle : j’ai attendu d’avoir du recul sur le temps d’action du vaccin (quelques semaines) x3 (temps de sécurité) donc début des vaccinations en décembre, je n’envisageais pas le vaccin avant mars/avril… le temps de voir d’éventuels effets. Puis j’ai suivi l’expérience d’Israél : Vaccination massive et rapide de la population – pas d’incidents, épidémie terrassée. Donc en mai, j’ai pris mes RDV… sceptique informé, serin et sécurisé. (PS : un vaccin sert avant d’avoir la maladie, une fois qu’on l’a eu, c’est trop tard sauf pour le COVID ou l’infection ne laisse pas d’immunité forte). Belle journée et bonnes corrections des exam’s 😉

      Répondre

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