Le Stress, une histoire d’hormones

Homme stressé

Le stress est une réponse à une agression – réelle ou imaginaire – que subit notre organisme.

D’après le Larousse :

Stress (nm) : État réactionnel de l’organisme soumis à une agression brusque.

Cette définition est imparfaite et il faut se tourner vers une définition médicale.

Etat réactionnel, ok, de l’organisme, pas seulement, le stress peut être physique ou psychique. Et un état réactionnel à une agression physique induit plutôt une réaction inflammatoire, immunitaire.

Ours à coté d'une voiture : danger

« À une agression brusque », juste non, pas forcément brusque. Et même, si le stress n’existait que lors d’événements « brusques », alors il ne serait pas un problème de société, juste une réaction adaptée à la survie…

Le pire stress est celui qui dure, qui est induit par une agression sournoise, lente et progressive ou qui se poursuit bien au-delà de l’événement traumatisant.

Le Garnier-Delamare – Dictionnaire des termes de Médecine dit :

Stress : Mot anglais employé par H. Selye (1936) pour exprimer l’état réactionnel d’un organisme soumis à l’action d’un excitant quelconque.

Des termes français plus précis (…) sont préférables : agression, stimulation, atteinte, choc, contrainte, pression, tension, émotion, commotion, déséquilibre, dépression, indisposition, malaise, etc.

Le stress a donc plus une connotation psychologique dans la population générale et il est précisé en médecine (stress hydrique en médecine, stress post-traumatique en psychiatrie, etc.).

Voyons donc ce qui se passe dans la réaction de stress sous un angle médical.

Petite précision à la lecture de cet article : J’ai accentué 2 approches :

  • L’approche explicative, scientifique (texte en noir)
  • L’approche applicative : bénéfices directs de l’application des connaissances (texte en bleu)

A quoi correspond le stress, au fond ?

L’organisme possède de nombreux mécanismes de régulation des fonctions vitales. Ainsi, notre vie est stabilisée dans un fonctionnement optimal.

Ces régulations peuvent être complexes, interdépendantes et adaptent notre organisme et notre psychologie à notre environnement et aux événements qui nous impactent.

C’est par exemple la thermorégulation (contrôle de la température du corps), l’équilibre acide-base du sang, les cycles énergétiques (stockage, relargage de glucose, graisses…), le sommeil, la cicatrisation… bref, c’est complet, complexe et fichtrement bien fait.

Sous cet angle, le stress est une réaction d’adaptation de l’organisme à une agression. Il a pour fonction de nous adapter pour faire face au mieux.

Alors, il active les fonctions « actions » et inhibe les fonctions « supports ». J’explique :

Dans l’action, on a besoin d’énergie, de libérer nos fonctions cérébrales pour se concentrer sur l’agression, d’augmenter nos réflexes, notre force

Par contre, il faut « couper » les fonctions qui consomment des ressources (digestion, croissance…) ou qui sont contraires aux réactions nécessaires (sommeil, envie d’uriner, douleur)

C’est comme nos civilisations, en cas de COVID, on impose un confinement de tout ce qui n’est pas essentiel (restos, arts & spectacles, …) on ralentit les fonctions utiles non primordiales (magasins alimentaires et leur chaine d’approvisionnement, déprogrammation des opérations non urgentes…), on conserve les fonctions utiles primordiales (distribution d’eau, d’électricité…) enfin, on renforce les fonctions de lutte (hôpitaux, médecins, pharmacies, labos, forces de l’ordre…). Tout ça est logique, n’est-ce pas ?

Le corps s’adapte à la situation de stress

La gestion du stress est complexe et utilise plusieurs mécanismes interdépendants. Je vais juste décrire les 2 piliers les plus importants du stress.

Schéma de réponse biologique au stress
Médiateurs biologiques des réponses de stress

La réponse par neurotransmetteurs adrénergiques

L’organisme possède un double système nerveux autonome (inconscient – automatique) pour la régulation de ses fonctions. Ce sont les systèmes nerveux sympathique et parasympathique.

La régulation sympathique

Pour se souvenir de leurs effets, c’est simple, le système sympathique, c’est celui qui est sympa quand un chien nous aboie dessus : il nous prépare à la fuite ou au combat :

Chien menaçant : agression et mise ne route du mécanisme de stress
  • Il augmente notre réaction musculaire, en augmentant le taux de sucre sanguin (glycémie) et les apports de dioxygène (O2) et l’évacuation du dioxyde de carbone (CO2) par augmentation du flux sanguin dans les muscles ;
  • Donc il augmente la « fonction pompe » cardiaque : Augmentation de la tension artérielle, du rythme cardiaque et du débit cardiaque ;
  • Mais aussi amplitude et rythme ventilatoire augmentés ;
  • Et encore acuité visuelle accrue par dilatation des pupilles ;
  • Augmentation de la sensibilité de l’audition.

Tout ça ressemble furieusement au « pic d’adrénaline » recherché par certains adeptes de sports extrêmes, non ?

Sport extrême : saut en moto et pic d'adrénaline
  • Il faut aussi augmenter la prise de décision (fuite ou combat), la rapidité de la réflexion « comment fuir ou combattre » ;
  • Alors inutile de gamberger sur quoi manger, quand uriner… ces fonctions sont éteintes ;
  • La douleur aussi est éteinte. On y pensera après l’agression ;
  • La digestion est stoppée (d’où parfois des diarrhées de stress) ;
  • La croissance (inutile si on se fait bouloter) est stoppée aussi ;
  • Ainsi que les fonctions de reproduction…

L’organisme est prêt au maximum pour faire face à l’agression !

Et son contraire

Et bien sûr, le système parasympathique fait exactement l’inverse.

C’est le roi de la sieste postprandiale (après le repas), quand la digestion est prioritaire et consomme beaucoup de ressources, l’organisme est mis au repos.

Il intervient pour « équilibrer » le stress en situation normale, et laisse sa place au système sympathique en cas de danger.

Celui qui nous intéresse dans le stress est donc le sympa !

La régulation du système adrénergique (sympathique)

Le stress provoqué par une réponse sympathique est immédiat (quelques secondes tout au plus) et peut être violent.

Réellement, il a permis à des femmes plutôt frêles de déplacer des voitures sous lesquelles était leur enfant. On a tous vu passer ce genre d’histoire.

Toutefois ceci n’est pas sans conséquences. Si l’état de stress nous permet d’aller au-delà de nos limites, nous pouvons subir le contrecoup. Lorsque j’étais Sapeur-Pompier, j’ai assisté à la descente de stress de personnes accidentées. Sorties de leur véhicule sous l’effet du stress, elles ne s’étaient pas rendu compte de leurs blessures et une fois secourues, la douleur arriva.

Les sportifs de l’extrême sont autant addict de l’adrénaline que de la phase de détente après le stress.

Alors, pas si « dangereux » ce stress…

Eh, oui, c’est vrai. Ce stress est nécessaire pour notre survie.

Il diminue presque aussi vite qu’il est apparu et certains en recherchent juste les effets… pas de quoi psychoter pendant des années…

Pourtant, il est précurseur d’autres activations de stress…

Le stress issu de la régulation par Glucocorticoïdes

C’est le stress dû au cortisol, une hormone.

Ce mécanisme se met en place si le stress adrénergique dure plus que quelques minutes. Le stress adrénergique est gros consommateur de ressources et donc implique une grande fatigue de l’organisme. Il ne peut pas durer à haut niveau seul. Il est utile dans l’urgence immédiate mais doit laisser la place à une régulation du stress capable de durer, c’est l’action du cortisol.

Plus lente à mettre en place, cette régulation est conçue pour durer plusieurs heures, voire jours. Certaines situations stressantes ne sont pas forcément une agression immédiate ou un accident brutal.

Une tempête, une inondation, se perdre dans les bois, bref, ces situations nécessitent un stress plus faible mais durable tant que la situation est présente.

Le stress par cortisol répond à ces situations. Moins brutal que l’adrénaline, il maintient l’éveil, diminue les fonctions non essentielles (faim, croissance, reproduction) et prépare l’organisme à un pic d’adrénaline si besoin.

Au niveau neurologique, il diminue la concentration (car il faut être en alerte de tout l’environnement) et les apprentissages (inutiles pendant la crise), il active la mémoire des événements (pour se souvenir de situations similaires et pour mémoriser l’événement vécu) tout en renforçant la capacité de réfléchir donc de trouver des solutions.

Alors, bon stress ?

Oui, pendant une situation le justifiant. Le souci, c’est que le cortisol est sécrété que la situation soit réelle et actuelle ou imaginaire (peur de quelque chose d’inoffensif, d’une possibilité d’agression, peur de se promener seul la nuit…) ou passée (peur du vent parce qu’on se souvient d’une tempête passée).

Ce stress est lié à la notion de productivité : Date buttoir, impératif de production, management d’équipe, responsabilités, défis professionnels… et il est utile pour nous booster. Nous sommes en mode « réaction à une contrainte extérieure ». Pour écrire cet article, j’avais un objectif : participer à l’événement inter blogueur que je détaille un peu plus bas et une date buttoir de participation courte. J’étais en « stress productif ». Et j’ai réussi !

Le danger est « possible » mais pas « réel » ou « réel » mais pas « actuel ». Les effets du stress sont pourtant les mêmes.

Et tant que l’on vit l’agression de cette situation imaginaire, le cortisol fait son effet. Et ça peut durer des jours, des mois voire des années…

Ce mécanisme de stress fonctionne aussi contre les agressions faibles mais durables (le bruit ambiant, un patron trop pressant, un métier difficile…) et contre les stress imaginaires (paranoïa, croire que quelque chose peut arriver – comme dans les conspirations, peur de l’échec…)

Et là, rien ne va plus.

Homme stressé

Arrêter la croissance ou l’apprentissage d’une poésie alors qu’on cherche la sortie de la forêt, pas de problème. Mais si la situation dure plusieurs années ?

Tout l’organisme fonctionne en « mode stress » et finit par provoquer des dysfonctionnements réels dans la régulation du taux de sucre, dans la réponse inflammatoire qui abime les organes, dans le fonctionnement cérébral…

Ce stress chronique modifie l’épigénétique (c’est une science sérieuse qui étudie la modification non pas des gènes mais des molécules porteuses des gènes qui, modifiées influent sur l’expression ou non des gènes portés) qui ne se régule pas en quelques jours, mais sur bien plus longtemps, toute la vie voire sur les quelques générations futures de l’individu.

Et en productivité ? Les effets s’inversent lorsque le stress devient chronique : l’abolition des capacités d’apprentissage et de la créativité, l’extinction des « fonctions secondaires », etc. entrainent un cercle vicieux. Le stress devient ennemi de la productivité. Moins de motivation, moins de créativité, moins d’envie de faire, dévalorisation de notre travail qui s’alimente par notre démotivation

C’est l’entrée en burn-out. Etat dépressif qui nous empêche d’avancer professionnellement. Difficile alors de mobiliser du « bon stress » pour régler la situation car le stress est déjà actif. Et ce jusqu’à la rupture.

Quels sont les facteurs de stress ?

Tout le monde ne réagit pas de la même façon dans la même situation.

Les chercheurs ont identifié 3 facteurs de stress :

  • Un facteur génétique, lié à l’expression ou non de certains gènes. Chaque individu nait « plus ou moins » sensible au stress.
  • Un facteur épigénétique, lié à la façon dont un gène peut s’exprimer ou pas. Ce facteur explique le temps qu’il faut pour modifier un comportement de stress.
  • Un facteur personnel, par l’exposition et les réactions passées au stress.

Il est en effet possible d’apprendre à gérer son stress. Ce que font les militaires, sapeurs-pompiers ou forces de l’ordre. Fréquemment confrontés à des situations stressantes, ils apprennent à réagir et augmentent leur résistance au stress.

Cet apprentissage est nécessaire pour être productif : On a vu que le stress pouvait être un vrai moteur de productivité, mais qu’il pouvait entrainer aussi le contraire. Apprendre à gérer son stress est donc primordial à ceux qui veulent être productifs.

Nous allons donc jouer sur les facteurs personnels pour bénéficier du stress productif en évitant le stress dépressif.

Activer du stress pour être productif est assez facile : nous l’activons naturellement si nous avons des objectifs et des motivations à agir.

Doser ce stress n’est par contre pas naturel : tant que nous avons à être productif, le stress agit. Or, la gestion implique de se ménager des « pauses de stress ». Activer pour produire et aussitôt réduire pour se relaxer. Chacun, d’après ses 3 types de facteurs doit apprendre ce qui fonctionne pour lui.

Comment lutter contre le stress ?

Il y a plein de situations et donc plein de « traitements » possibles.

Des anxiolytiques prescrits par un médecin ou un psychiatre aux groupes de paroles, psychothérapies…

Toutefois, j’ai envie d’en mettre un en avant, car il est sans molécule pharmaceutique et applicable par tous, surtout avec un stress faible à modéré.

Il faut avoir une habitude zen. Et ça c’est le nom d’un blog qui m’a inspiré cet article.

L’auteur, Olivier Roland, organise un événement inter blogueur pour partager, échanger autour de “Comment être Zen et Productif au quotidien”

Je ne suis pas un spécialiste du sujet mais, en lisant l’article Gérer l’immense incertitude qui prévaut dans le monde, je pense apporter ma pierre en expliquant les mécanismes du stress car on agit mieux quand on connait le sujet.

Vous trouverez des tas d’astuces pertinentes que chacun appréciera à sa façon sur ce blog.

Moi, du coup, je continue à « étaler ma science »…

Eviter le stress chronique par la méditation

Je résume très rapidement les notions nécessaires :

  • Nous avons vu que le stress (dans le sens commun) est un mécanisme réflexe, automatique qui nous permet d’activer nos fonctions psychologiques et vitales propices à répondre à une agression, je vais préférer « pression », de notre environnement.
  • Il y a tout d’abord le système « adrénaline« , très réactif, pur réflexe de survie qui s’estompe aussi rapidement qu’il est arrivé. Fuir ou combattre, c’est tout ce qui importe. Il nous intéresse peu pour la suite.
  • Ensuite un cascade de réactions, dominée par le cortisol, induit un stress plus durable, mais moins perceptible : autant la réaction shoot d’adrénaline est perçue par tous, autant savoir que nous sommes en mode « stress cortisol » est plus subtil. Ce stress est bénéfique pour la productivité mais risque de s’emballer en cercle vicieux.
  • Etre soumis de façon chronique au « stress cortisol » entraine l’effet inverse de celui qui est recherché : perte de productivité, de motivation et descente vers le burn-out.

Une solution au stress : la méditation

Pour rester productif, car c’est au final ce que l’on veut, il est impératif de maitriser notre « stress cortisol ».

Il faut bénéficier de son action motrice mais éviter l’enclenchement du cercle vicieux.

Pour rester dans la maîtrise, nous devons apprendre à baisser le cortisol. Donc à aménager des temps de relaxation.

C’est ainsi que de nombreuses personnes témoignent de l’effet bénéfique de la méditation.

Mais est-ce bien sérieux ? Décortiquons.

Un grand nombre de témoignage est un niveau de preuve très faible en science. Nous avons longtemps témoigné que de 2 objets, le plus lourd tombe plus vite, jusqu’à Galilée qui a démontré le contraire… Sujet passionnant de l’histoire des sciences sur lequel je reviendrai, car il est riche d’enseignement.

Donc, laissons place aux études scientifiques. Plus qu’un « ça marche », voyons comment « ça marche ».

La méditation, ça marche ?

Evidemment. Alors ce n’est pas une médecine obscure perchée venue d’ondulations quantique des méridiens géobiologiques pleins de bovis (c’est une pseudo unité que quantifient à la louche (ou plutôt au pendule) les magnétiseurs. C’est pour se donner une « apparence sérieuse ». Elle n’est fondée sur rien d’autre que « ce que ressent » le magnétiseur.) Voir la série « la vérité sur les crop-circle » sur la chaine Youtube Astronogeek.

C’est une façon d’entrer dans la relation à ses émotions.

Le principe fondamental est de faire le vide dans ses pensées passées et anticipations du futur. Se connecter au moment présent.

Mais notre cerveau a horreur de ne rien faire, alors il faut lui donner une tâche de méditation : se concentrer sur sa respiration, ses ressentis corporels…

Ainsi occupé, le cerveau « oublie » les facteurs de stress et fait baisser les mécanismes psychobiologiques (lien entre l’état psychologique et la biologie, surtout neurobiologie) du stress. Les neurotransmetteurs et hormones de stress baissant, les hormones et neurotransmetteurs « bien-être » augmentant, nous avons un parfait traitement du stress chronique faible à modéré.

Pour les stress plus importants, un accompagnement psychologique et médical est indiqué. La méditation intervient alors en traitement complémentaire rendant plus efficace la thérapie conventionnelle.

Cours de méditation, un anti-stress

Alors, la méditation est un remède miracle ?

Non, c’est une pratique dont les résultats reconnus sont expliqués par la chimie du cerveau. L’efficacité est attestée, les effets indésirables inexistants (si ce n’est qu’une perte de socialisation chez les extrémistes qui méditent 12h par jour…). On n’a donc aucune raison de s’en passer.

Ce n’est toutefois pas miraculeux. Car il faut s’extraire de la cause du stress.

Si c’est un fond de stress quotidien, alors la méditation seule augmente notre seuil de résistance et on n’a besoin de rien d’autre.

Par contre si le facteur de stress est toujours présent, pesant alors il faut s’en éloigner, fuir ou combattre. Conformément à ce qui est attendu naturellement par l’organisme soumis au mécanisme du stress.

Penser à une reconversion, changer de poste, déménager… Une action complémentaire est nécessaire à la méditation.

Pour d’autres problèmes tels que le stress post-traumatique, états dépressifsil est impératif de consulter et de se faire accompagner par du personnel qualifié. S’il faut 12 ans pour être psychiatre, 5 ans pour être psychologue, ce n’est pas pour rien !

La méditation peut être une aide complémentaire précieuse mais le traitement central est médical.

Ainsi, la méditation est étudiée scientifiquement dans le cadre de thérapies médicales :

La pratique de la (méditation de) pleine conscience pourrait faciliter l’autogestion des difficultés en améliorant la reconnaissance précoce des premiers signes d’une problématique clinique. Cela pourrait favoriser la mise en place de réponses adaptatives y compris des aptitudes qui n’étaient pas prévues dans le programme thérapeutique initial.

Guido Bondolfi (2004)

Ce qui veut dire que la méditation permet d’augmenter sa résistance au stress, ceci joue dans les facteurs personnels qu’on a vus plus haut. Et les médecins comptent sur ces effets pour élargir leur prise en charge d’états de stress.

Donc pas miracle mais quand même !

Pourquoi s’en priver ?

Et en productivité ?

Rester productif implique de ne pas pouvoir s’extraire du stress de pression des tâches à réaliser, n’est-ce pas ?

Il ne reste donc qu’une façon d’être productif, c’est d’être zen ! Zen et Productif.

Nous devons apprendre à écouter notre stress, puis à jouer avec sa limite tolérable pour avancer sur nos projets tout en évitant la surdose. Et un des moyens les plus efficace, gratuit et peu contraignant est de se faire un shoot bien-être entre 2 shoot cortisol.

Un peu comme le confinement « casse » la progression du COVID, la méditation « casse » le cercle cortisol. Le tout est de bien juger quand il faut agir et comme cela dépend des facteurs de stress, chacun doit apprendre à se connaitre.

La méditation nous connecte avec nos ressentis, part du constat de notre état et calme notre stress juste en jouant sur notre perception de celui-ci que nous modifions en agissant à l’inverse des réactions de stress :

  • Le stress augmente le rythme respiratoire ? Respirons lentement et profondément. Notre cerveau interprète ceci comme « le stress n’est plus utile, retour à un état tranquille, SVP. » Et ça fonctionne ! C’est une sorte d’auto persuasion que tout est sous contrôle.
  • Le stress active l’hypervigilence ? Fermons les yeux et concentrons nous sur le bruit d notre respiration. Notre cerveau n’a plus les stimuli visuels et focalise sur des stimuli contrôlés : la respiration calme et lente. Il est auto persuadé que tout va bien et relâche son stress.
  • Nous nous sentons bien, relaxés ? Notre cerveau interprète cet état et active les circuits de relaxation et sérénité qui s’opposent au stress. C’est un cercle vertueux.

Et après la méditation, retour au stress…

Mais nous devons rester productifs…

Donc nous remettre en état de stress. Ou est l’utilité de la méditation alors ?

Premièrement, la méditation casse le cercle vicieux. C’est le point important : éviter la surcharge de stress. Et rien que ça c’est pas si mal

Mais en plus, la méditation active les circuits de bien-être et sérénité qui sont perçus dans le circuit « récompense » opposé au stress. Le nouveau stress intervient alors que la chimie cérébrale est dominée par les hormones et neurotransmetteurs « sérénité ».

Car oui, comme nous avons vu avec sympathique et parasympathique, à un système réponse s’associe son opposé. Notre organisme doit atteindre une stabilité entre stress et relâchement mais ce n’est pas que par activation et désactivation du stress, c’est aussi par activation et désactivation de son opposé relaxation.

Nous avons donc 2 approches de la productivité :

  • Stress seul, risque du cercle vicieux, perte de motivation…
  • Stress et relaxation activés en même temps, les effets bénéfiques des 2 s’additionnent et la régulation est plus précise, efficace. Gain de motivation par l’effet relaxant et de productivité car on se sent bien.

Et enfin, la pratique régulière et assidue de la méditation transforme en profondeur les circuits de neurones qui, comme un muscle, se renforcent et s’activent d’autant plus facilement qu’ils sont sollicités. Donc la pratique régulière (j’insiste) de la méditation nous conforte durablement dans la double régulation stress/relaxation. Nous sommes plus productifs tout en restant zen.

Stress VS méditation

Pour avoir une zenitude de vie, nous avons vu que le stress est une réaction automatique de l’organisme pour faire face à une agression (pression).

Son but est d’adapter les fonctions vitales à la fuite, au combat ou à la survie.

Le stress fait intervenir de complexes mécanismes nerveux (neurotransmetteurs), hormonaux et psychologiques interdépendants.

En situation de stress « vrai », les mécanismes s’auto-régulent et sont adaptés.

En cas de traumatismes violents, d’agressions faibles lentes mais répétées, les mécanismes de stress « s’emballent » et deviennent chroniques causant de nombreux maux à notre organisme.

C’est le stress incontrôlé et inadapté.

S’il y a des facteurs sur lesquels il est difficile voire impossible d’agir (génétique, traumatisme lui-même) nous avons chacun une tolérance au stress sur laquelle nous pouvons travailler.

La méditation s’inscrit comme auto-traitement dans la plupart des cas, sans effets secondaires indésirables.

Il ne faut pas sous-estimer le stress et le traumatisme et il faut se faire accompagner médicalement si la méditation ne suffit pas.

A ce stade, elle reste un atout dans la guérison, d’ailleurs elle est de plus en plus souvent incluse dans les traitements conventionnels.

La pratique de la méditation intervient dans une meilleure régulation de l’état de stress et active en retour les circuits de la relaxation. Leurs effets se cumulent et en pratiquant régulièrement, s’inscrivent dans la durée.

Méthodologie

Comme d’habitude, cet article est issu de connaissances scientifiques établies.

J’ai pour habitude de faire relire mes articles par des chercheurs du domaine pour être au plus près des théories actuelles et ne pas vous raconter de grosses âneries.

Toutefois, les délais de publication de cet article en particulier ne m’ont pas permis de trouver un relecteur qualifié. Je suis confiant en mes sources et ma compréhension de ces notions toutefois, mettez en doute ce que je vous dis et croisez les sources. Point capital de la méthode scientifique.

Le point méthodologie

Les sources d’information n’ont pas toutes la même valeur. Il y a une hiérarchie basée sur des critères de crédibilité :

  • Les témoignages (par exemple dans cet article : effet de la méditation sentis par les pratiquants, existence des bovis chez les magnétiseurs) n’ont pas de valeur scientifique.
  • Le livre de Jeanne Siaud-Fachin et l’article de Margaux Grandjean sont des paroles d’experts, qui à elles seules n’ont pas vraiment de valeur scientifique. Ceci dit, ce sont des expertes reconnues et nous pouvons prendre en compte leurs travaux.
  • Les articles cités sont des preuves faibles en science. La méthodologie reproductible et la relecture par les pairs augmentent cette valeur par rapport à une parle d’expert. Ils sont la base de la méthode scientifique.
  • Une thèse est un texte pour lequel l’auteur a bénéficié d’une supervision à la réalisation et rédaction. Un jury composé d’acteurs de recherche statue sur la validité du document. C’est un niveau juste supérieur aux articles.

Je vous détaillerai la méthode scientifique et quoi en penser dans une série d’articles dédiés.

Sources

  • Bondolfi, G. (2004). Les approches utilisant des exercices de méditation de type « mindfulness » ont-elles un rôle à jouer ? Santé mentale au Québec, 29(1), 137‑145. https://doi.org/10.7202/008827ar [Article]
  • Grandjean, M. (2019). La méditation et ses effets sur le cerveau. https://developmentaria.com/2019/07/13/la-meditation-et-ses-effets-sur-le-cerveau/ [Article]
  • Marie-Pierre, M., & Michel, L. M. (2012). Le stress dans tous ses états. 28, 6. [Article]
  • Shaijarernwana, P. (2007). Etudes exploratoires des effets bénéfiques de la méditation sur le stress professionnel. Louis Pasteur – Strasbourg I. [Thèse]
  • Siaud-Fachin, J. Tout est là, juste là : Méditation de pleine conscience pour les enfants et les ados aussi. Odile Jacob (2014). [Livre]
  • images Pixabay libres de droits sauf le schéma « Médiateurs biologiques des réponses de stress. » Marie-Pierre, M., & Michel, L. M. (2012). Le stress dans tous ses états. 28, 6.

Application

Cet article parlant du stress et de la méditation vous permet de connaitre les mécanismes à l’oeuvre dans la productivité.

Il contient un argumentaire en faveur de la gestion du stress et je l’ai écrit en pensant à :

  • Vous (et moi) face au stress, à appliquer personnellement, je pense.
  • Vos élèves en modifiant votre rapport à la productivité des enfants : plus on ancre tôt une habitude plus elle est facile à prendre et pérenne. Mais ça, vous le savez. Inclure des moments de pause est essentiel dans l’emploi du temps de ministre de nos enfants. Ceci justifie le temps calme des périscolaire et explique pourquoi il doit être calme après le stress de la cantine…

Et vous quel article avez-vous apprécié sur Habitudes Zen ?

Partagez si vous aimez ;-)

14 commentaires

  • Bravo ! Un excellent article avec une vulgarisation des termes scientifiques ! Je vais vite me remettre à la méditation

    Répondre
  • Wow! je suis impressionnée! je n’ai pas l’habitude de lire des articles aussi pragmatiques et scientifiques sur le stress et les bénéfices de la méditation. C’est génial, ça me change!! 😊 Merci beaucoup pour ce texte aussi complet et développé, et très original, à mon sens!! Bravo!!

    Répondre
    • Merci pour ton retour motivant. J’ai atteint mon objectif de vulgarisation accessible mais juste scientifiquement.

      Répondre
  • Bravo pour cet article, très complet et étayé. Je suis toujours émerveillée par la force d’impact qu’ont nos hormones (et la simple chimie) sur notre moral et nos pensées.
    C’est un point de détail mais il se semble avoir lu aussi que tout le monde n’obtient pas forcément une même réponse de son système sympathique. Chez certains, il pousserait à l’action (agression ou fuite) alors que chez d’autres, il paralyserait. Tu en as entendu parler ?
    Merci et bravo pour cet article en tout cas !

    Répondre
    • Merci pour ce retour.
      Effectivement, la réponse à tout système hormonal est variable d’un individu à l’autre. Le stress provoque souvent une paralysie de le réflexion. Il n’est pas rare (et j’en ai fait l’expérience en tant que sapeur-pompier) de voir des personnes totalement paralysées par un traumatisme psychologique (pas d’atteinte physique). Et sur certaines catastrophes majeures, les secours arrivent plusieurs jours après trouvent des populations dans cet état d’errement. Alors que d’autres vont se « bricoler » une survie. Ce sont des paramètres personnels.

      Répondre
  • Eh bien…pour un article c’est un article. C’est mieux qu’un article et moins long à lire qu’un livre. Cet article résume bien tout en restant complet. Chapeau bas mon ami !
    « Le pire stress est celui qui dure, qui est induit par une agression sournoise, lente et progressive ou qui se poursuit bien au-delà de l’événement traumatisant. » Sur ce passage j’ai pensé à la pression que fait subir la pandémie actuelle, à raison ou à tort…
    Un GRAND merci pour ce moment de lecture instructif. connaitre son stress c’est déjà pouvoir le gérer.

    Répondre
    • Merci, c’est que j’ai atteint mon objectif rédactionnel.
      Les données scientifiques montrent déjà les effets psychologiques et psychiatriques de la pandémie. La pression si longue de perte des repères sociaux, l’angoisse de « je l’ai ou pas ? », les inquiétudes pour sa famille, ses amis et les tracas économiques… Rien que du stress cortisol depuis maintenant 9 mois. De quoi accoucher de décompensations de stress : dépression, agoraphobie, anxiété majeure… Il faut au moins en être conscient et mieux, trouver des parades (la méditation, par exemple ?)

      Répondre
  • Salut Christophe, article hyper compet et bien détaillé! J’ai pratiqué la méditation lors d’un défi que j’ai fait puis je l’a garde comme habitude maintenant. Mais en ce qui me concerne (et ça je pense que c’est une question de gènes) ça me fait du bien… mais pas trop. Je pratique de la méditation guidé, j’aime en faire mais parfois avec le travail salarial puis tous ce qui a à faire en dehors du boulot, je peine parfois à trouver le temps et c’est un tord que j’ai.

    Quelque chose de complètement irrationnel que je fais pour contrer toutes les peurs, c’est de regarder Dragon Ball Z. Et c’est pas une blague. J’ai entendu et lu plusieurs fois « inspirez-vous de vos héros ». Notamment dans le livre Père riche, père pauvre (que j’ai chroniqué sur mon blog la semaine dernière si ça interesse ceux qui vont lire ce commentaire, il suffit de cliquer sur mon nom) ainsi que dans certaines vidéos YouTube, en particulier sur la chaîne de David Laroche (pro en motivation pour ceux qui ne connaissent pas). Et j’ai l’impression de modifer mes pré requis de la peur en m’inspirant de mes héros.

    Pour reprendre l’exemple de Dragon Ball Z, Son Goku est un guerrier qui adore les combats, et plus c’est dur, plus il aime. D’après les neuronnes miroir (et je vais fortement me renseigner sur le sujet très prochainement) ont copie ce qu’on voit. Et j’ai la nette impression d’aimer particulièrement la difficulté quand je regarde des épisodes de DBZ.
    Oui, c’est totalement irrationnel dit comme ça. Et j’en viens à me poser de nombreuses questions. Y a t-il une explication logique? Et une autre grosse question plus importante, est-ce que les films et les jeux vidéo ne sont pas finalement bénéfiques pour dépasser nos peurs et calquer certaines connaissances qu’on voit (par exemple j’aime beaucoup l’acteur Leonardo Dicaprio et je pense copier inconsciemment ses mimic, ce qui augmente donc bien que très legèrement mes compétences de languages non-verbal)? Bien sur, de façon mesuré et non pas regarder des films 12 heures par jour.

    Désolé pour donner autant de lecture dans un commentaire, mais ton article m’a inspiré quelques questions.
    Merci en tout cas pour cet article très complet! Au plaisir de continuer à lire

    Répondre
    • Pas de souci pour la lecture. J’aime aussi quand on peut approfondir les choses et se poser de nouvelles questions. Tu es dans le processus de la recherche scientifique : en répondant à une question, on cherche à aller plus loin et on se pose de nouvelles questions.
      Je ferai un article sur les neurosciences (et certainement plusieurs) donc à suivre… Je vois que ce sera une base théorique pour ton propre sujet. Cool !

      Répondre
  • Article très complet.
    J’ajouterai que la gestion du stress rejoint la gestion de ses émotions et notre niveau de perception des choses.

    Effectivement il y a la méditation qui à travers la maitrise de la concentration et de la respiration nous permet de réguler le stress.

    Une autre méthode, plus longues dans le temps mais très efficace étant de développer son estime et confiance en soi en multipliant les expériences vécues (voyages, formations, pratiques d’activités).

    Plus on est habitué à sortir de sa zone de confort, plus on augmente sa capacité à gérer son stress.

    Merci pour cet article

    Répondre
    • Effectivement, j’ai focalisé sur la méditation pour ne pas faire un bouquin ! Il y a d’autres méthodes, souvent complémentaires d’ailleurs. Vous en trouverez sur le blog Habitudes Zen. Le stress est effectivement à relier à des émotions : anxiété, excitation… Prendre conscience de ces processus « automatiques » permet effectivement de mieux les gérer.

      Répondre
  • Merci pour cet article passionnant et bien documenté ! Je ne me lasserai jamais de découvrir à quel point nous sommes une pure merveille : tant de complexité et d’harmonie ! Je trouve très déstressant de savoir que l’on peut « combattre » le stress 🙂

    Répondre
  • très intéressant. ça me motive à repratiquer chaque matin, mes 10mn de visualisation que j’avais entrepris dans le cadre d’atteindre mes objectifs, sur conseils d’Anthony Robins (par le biais d’un de ses livres bien-sûrs). J’espérer par cet exercice atteindre mes objectifs, mais également m’entraîner à la méditation. Et puis, pour une raison que j’ignore, au bout de 5 ou 6 semaines, j’ai arrêté. Dommage. Cela me manquait ces derniers temps, mais cet article est tombé à pic ! Merci

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :