Ep37 – Le plastique, c’est toxique !

poison-plastique-toxique

Nous allons voir en quoi le plastique emprisonné dans les gyres nous montre sa toxicité

Cet article fait partie d’une série

Je me suis lancé le défi de publier 31 articles en mars 2021 pour faire un tour d’horizon de la science. Celui-ci est le trente-septième publié (le premier est le sommaire du défi visible ici)

Le long voyage (pas) tranquille des plastiques dans les gyres

Les plastiques rejetés dans la nature finissent par se rassembler dans les gyres océaniques. Et là, que deviennent-ils ?

Les macroplastiques

Ce sont les bouts de plastique visibles. De quelques centimètres à un frigo…

On trouve de tout, bouteilles, évidemment mais aussi poupées, blocs de polystyrène, filets de pêche abandonnés… Ils ont tendance à se rassembler sous forme de radeaux instables offrant un abris pour plancton.

C’est cool, alors…

Invasions planctoniques planétaires…

Non, pas du tout. Ces radeaux de plastiques permettent à des espèces de migrer à des endroits normalement inaccessibles et risque de les transformer en espèces envahissantes d’un milieu à plusieurs milliers de km du point de départ. Des algues toxiques, des crustacés voraces… Il s’agit d’un effet mal étudié car complexe dans un milieu marin qu’on ne connait pas tant que cela…

Meurtres de macro faune en masse

L’autre problème de ces macroplastiques, c’est leur habileté à piéger de nombreux animaux :

Les filets dérivants tuent 400 000 mammifères marins par an. Estime-t-on…

Les tortues marines piégées dans ces filets meurent noyées. Des poissons se retrouvent piégés aussi et encore des morts…

Un bien terrible repas !

Si les animaux ne se font pas piéger, ils ingèrent des plastiques qui remplissent leur estomac sans jamais se dégrader. Les animaux meurent de faim ou d’occlusion intestinale. Et d’avoir vu ça chez l’homme, c’est une mort dans d’horribles souffrances

On retrouve des tortues échouées l’estomac plein de plastiques. On récupère de nombreux oiseaux décédés l’estomac plein de bouchons…

On voit bien sur cette vidéo que cette tortue olivâtre a l’estomac plein de plastiques

Les macro deviennent micro

Sous l’effet des UV solaires, des vagues, des chocs entre eux, les macroplastiques se fragmentent en microplastiques. Leur taille est inférieure au centimètre, jusqu’à quelques micromètres (millième de millimètre).

On les trouve en « soupe » dans les gyres jusqu’à 30 mètres de profondeur. Le plancton s’y fixe et ainsi favorise leur ingestion par les poissons, baleines…

Et c’est dans ces plastiques microscopiques que se pose un autre problème :

Les plastiques sont toxiques !

Oh, pas vraiment les plastiques en eux-mêmes, mais ce qu’ils transportent…

On a vu que les plastiques sont des composés organiques, c’est à dire composés essentiellement de carbone. Ils sont hydrophobes comme les produits gras. Et comme leur structure est très « creuse » entre leurs fibres, ils peuvent stocker une masse d’additifs plus grande que leur propre masse.

Quels sont donc ces « additifs » ?

Les additifs originels :

  • bisphénol A, phthalates… ce sont des composés organiques (donc hydrophobes et plasticophiles) insérés dès la fabrication pour donner des caractéristiques de souplesse ou résistance aux objets. Ils sont connus pour être des perturbateurs endocriniens, c’est à dire que, ressemblant à des hormones naturelles, ils modifient les actions normales de ces hormones.
  • plomb, mercure, arsenic… ce sont des métaux lourds. Ils sont toxiques pour les organismes vivants. Les océans n’en contiennent qu’une toute petite fraction inoffensive, mais comme le dit Paracelse :

La dose fait le poison !

Et ces métaux lourds se concentrent dans les plastiques… qui en deviennent toxiques !

  • les contenus des récipients plastiques… Les bidons et bouteilles plastiques ne servent pas qu’à contenir des jus de fruits… Huiles de vidange, carburants, pesticides, composés organiques… On le voit bien avec une barquette plastique ayant contenu des carottes, elle devient orange : Le carotène s’insère dans la masse du plastique. C’est pareil pour les autres produits plus ou moins hydrophobes.

Mais pire que ça !

Les additifs piégés

Lors de leur périple en rivière, les plastiques fixent en très grosse quantité les polluants rencontrés. Engrais ou pesticides de l’agriculture, composés organiques ou métaux lourds des industries… Tous ces produits ont une grande affinité avec les plastiques naviguant dans la même rivière…

Le plastique se charge de polluants avant de rejoindre l’océan.

Fragmenté en microplastiques, il se fera manger par les premiers maillons de la chaine alimentaire et contaminera ces animaux.

On trouve des concentrations plus de mille fois supérieure en polluants dans le plastique que dans l’eau.

La contamination de la chaine alimentaire

Héron dans la chaine alimentaire

Les polluants concentrés du plastique contaminent donc le premier maillon de la chaine alimentaire. Mais rappelons que ces polluants sont hydrophobes et donc lipophiles – ils se fixent dans les tissus graisseux.

Chaque maillon de la chaine alimentaire va concentrer environ 10 fois les polluants ingérés.

Les super prédateurs en haut de la chaine sont bourrés de pesticides, métaux lourds… On le sait pour les ours polaires mais à votre avis, qui est LE super prédateur parmi les super prédateurs ?

Eh oui, c’est NOUS ! Nous péchons et mangeons les thons, bars et autres poissons carnivores… ainsi, la pollution que nous avons généré, après avoir mis le bazar dans tout l’écosystème, nous revient en pleine assiette !!! Bon appétit…

Bon ça suffit, c’est tout pour les mauvaises nouvelles quand même !

Malheureusement, non…

Les nanoplastiques

Longtemps, les scientifiques n’ont été capables que de prélever et étudier les macro et micro plastiques. Et il y a déjà du travail.

Mais en utilisant des méthodes différentes (spectroscopie, entre autres) ils ont découvert une fraction importante de nanoplastiques.

Les microplastiques sont encore assez gros pour ne pas traverser la barrière digestive. Mais les nanoplastiques, eux, en sont capables.

Et ils passent cette barrière se retrouvant du coup dans les organismes vivants, dans le sang, les tissus… toujours chargés de leurs polluants…

Nous n’avons pas assez de recul pour bien en comprendre les implications, mais on peut supposer que la non toxicité des plastiques n’est plus du tout une règle à partir du moment qu’ils infestent les tissus même des organismes. Cancérigènes, perturbateurs endocriniens… Leur rôle est encore à découvrir.

C’est quand même une mauvaise nouvelle…

Nous n’avons pas fini avec les plastiques…

Ils sont là et toute tentative de les récupérer est fantaisiste.

Je vais vous expliquer pourquoi et ce qu’il reste à faire comme solutions…

Demain, ce sera à la limite de la science et de la sociologie économico-politique.

La science dit ce qu’elle sait, la société décide quoi faire…

Sources

Mon défi : Tour d’horizon de la science en 30 jours

Les règles que je me suis fixées :

  • Je publie un article par jour pendant le mois de mars 2021
  • Je traite de la méta question de LA science
  • Je fournis mes sources principales
  • Je suis faillible et peux faire des erreurs, je les reconnaitrai publiquement lors de la correction d’articles (et créditerai celui ou celle qui me le fera savoir) – pas pour des fautes d’orthographe non plus 😉 il n’y a pas d’intérêt.

J’aimerais votre avis sur mon défi :

  • est-ce une bonne idée ?
  • que souhaitez-vous que je traite ?
  • est-ce utile, avez-vous appris de mes articles ?

J’attends vos commentaires.

Partagez si vous aimez ;-)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.