Ep36 – Le plastique, c’est catastrophique ! Pollution plastique

Pollution plastique de plage

Suite à la vidéo #2 Le plastique c’est fantastique, j’ai voulu tourner ma vidéo sur les méfaits des plastiques. Mon studio n’étant pas disponible, j’en fais déjà un article sur la pollution plastique…

Cet article fait partie d’une série

Je me suis lancé le défi de publier 31 articles en mars 2021 pour faire un tour d’horizon de la science. Celui-ci est le trente-sixième publié (le premier est le sommaire du défi visible ici)

Une vidéo, ça n’aurait pas été mieux ?

J’ai tourné les séquences de ma vidéo « Le plastique, c’est fantastique » dans mon studio du sentier des salines.

Mais aujourd’hui, le studio n’était pas praticable…

Vigilance jaune météo

Alors, je n’ai aucun problème à aller sous la pluie, mais le matériel un peu plus… Bref, je vais déjà vous faire un article et j’irai tourner ma vidéo lorsque ce sera possible.

https://youtu.be/GHUQQmZF_Z8

Le temps de ce mardi étant favorable, j’ai fait cette vidéo ! Voyez le ciel menaçant à la fin… même pas peur !

Le cycle du plastique

Le plastique suit un cycle principal :

  • extraction de la matière première (pétrole, méthane, charbon),
  • transformation en polymères,
  • mise en forme (moulage, filage, filmage…),
  • utilisation,
  • mise au rebut.

Le souci se trouve dans l’utilisation et la mise en rebut :

Les problèmes dans l’utilisation des plastiques

L’usage unique !

De nombreux objets en plastique sont conçus à usage unique : films d’emballage, vaisselle jetable, polystyrène de colissage…

L’utilisation de ces plastiques est de très courte durée (environ 20 minutes pour un sac de course, 1h pour la vaisselle jetable…) et ces plastiques sont non recyclables. Direction poubelle !

La dégradation en cours d’utilisation

C’est le cas des vêtements : à chaque lavage, des milliers de microfibres synthétiques sont extraites des vêtements et sont évacuées dans les égouts. Multipliez par le nombre de lavages de l’humanité : c’est une source majeure de pollution plastique déjà sour forme micro.

Les pneus s’usent sur la route et la pluie lave la route direction nos rivières…

L’usage aberrant

Les industriels injectent directement des microbilles de plastique dans les produits cosmétiques pour leur effet abrasif (dentifrice, exfoliants, gommages…) et ça, c’est direct au fond du lavabo ! Voire ingéré…

On fabrique une quantité impressionnante d’objets inutiles en plastique. Ils iront en général directement à la poubelle sans servir (objets publicitaires, jeux pas cher de mauvaise qualité…)

Les problèmes de la mise au rebut

Pour les microfibres des lavages de linge et les microbilles des cosmétiques, c’est directement rejeté dans les eaux usées mais la stations d’épuration ne filtrent pas assez et donc ces plastiques se retrouvent dans les eaux rejetées en rivière

Cas des plastiques non recyclables

La plupart des plastiques ne sont pas recyclables comme les films plastiques, la vaisselle jetable, le polystyrène… Ils doivent donc être détruits. Une partie sera brûlée en incinérateur (et éventuellement produiront un peu d’électricité), une partie est stockée en décharge, le reste se retrouve dans l’environnement. Les proportions varient d’un pays à l’autre et globalement la France est mauvais élève européen…

Et cas des plastiques recyclables

Les plastiques recyclables sont pour la plupart traités en déchets ménager et subissent le sort décrit au paragraphe précédent. Dommage…

Pour les autres, ils sont partiellement recyclés en matière première équivalente de moindre qualité et sont mélangés à du plastique neuf pour conserver leurs propriétés. Le reste est cycle en plastique de second choix pour des usages dont la qualité est moins importante : objets moulés à vocation non alimentaire, matériaux d’isolation… Ces plastiques ne sont plus recyclables.

Précisions

Je ne donne pas de proportions ou de tonnages car cela change tout le temps et est très variable d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre.

Traitements des plastiques
Traitements des déchets plastiques en Europe des 28, Norvège et Suisse en 2014

Des stations d’épuration capables de filtrer les microplastiques commencent à être construites mais d’ici à ce que le parc entier en soit capable… il coulera des eaux usées sous les bras d’aération !

Au niveau mondial, celui qui nous intéressera par la suite, vous comprendrez pourquoi, chaque année, c’est 350 millions de tonnes de plastique produit (soit l’équivalant en poids de tous les humains…) et seulement 10% qui est recyclé.

La sortie de cycle des plastiques

Mais vous l’avez remarqué, on trouve des plastiques partout dans notre environnement :

  • aux bords de nos routes,
  • dans nos rivières,
  • aux abords des centres de traitements,
  • en bord de mer,
  • mégots de cigarettes absolument partout…

Ce sont des pollutions pour la plupart malveillantes : on jette ce qui ne nous sert plus là ou on se trouve… il y a bien quelqu’un pour ramasser…

Le plastique ainsi jeté se « mouchifie »(1) et disparait de notre vue donc n’existe plus. C’est une belle pensée magique des familles, non ?

Mais il y a des pollutions plus sournoises : Les agriculteurs utilisent de grandes bâches plastiques pour couvrir la paille, fermer les serres, etc.

Sauf que, avec le temps, elles deviennent inutilisables (fragiles, percées, sales…) et sont changées. Sauf qu’il n’existe pas de solution de traitement pour les anciennes bâches : trop grandes pour la poubelle, pas recyclables, elles finissent derrière un hangar et se dégradent au fil du temps…

  1. référence à l’article sur la pensée magique et une expérience de psychologie sociale.

Le cycle des plastiques en milieu naturel

Acte 1, sur le lieu de décharge

Les gros plastiques vont de dégrader à cause des éléments naturels (pluie, vent, gel…) mais surtout à cause des UV solaires. Ils deviennent friables et partent en poussière et morceaux plus petits.

Acte 2, la grande migration

Même au beau milieu des terres, vous êtes sur un bassin versant. C’est à dire que les rivières se rejoignent pour se jeter dans une mer ou un océan.

Alors, dès qu’elles le peuvent, les particules plastiques empruntent les fossés, ruisseaux, rivières et fleuves jusqu’à la mer… Un plastique se coince dans des racines ? Pas de panique, dans peu de temps, il se sera fragmenté et continuera son périple…

Acte 3, nous voila marins !

Comme le dit Hugues Aufray

Tiens bon la vague et tiens bon le vent,

Tiens bon le cap tiens bon le flot Hisse et ho,

Santiano

Sur la mer qui fait le gros dos

Nous irons jusqu’à San Francisco

Les plastiques flottent pour la grande majorité. Ils vont donc suivre simplement les courants océaniques.

Certains seront rejetés à la plage, d’autres formeront de petits radeaux, et le plus grand nombre seront piégés par les gyres

Les gyres ? C’est quoi ces bêtes mangeuses de plastiques ? Cool, du coup, disparu le plastique ?

Euh, non, arrête de mouchiser ! Ce n’est pas parce qu’on ne les voit plus qu’ils ont disparu. Encore une belle pensée magique là !

Les gyres océaniques

C’est le nom qu’on donne aux vortex, tourbillons géants formés au coeur des océans par les courants de surface.

Avec la rotation de la Terre et les échanges thermiques des zones chaudes vers les froides, il se forme des « tourbillons » au pourtour des principaux océans. Au centre de ces tourbillons se trouve une zone plus calme qui tourne sur elle-même lentement : le gyre. Les plastiques piégés dans les courants marins, poussés par les vents finissent dans le gyre d’où ils ne peuvent plus sortir et donc s’y accumulent.

Bon, c’est en anglais mais je ne vous fait pas l’affront de traduire, quand même…

Le Gyre le plus pollué est le gyre pacifique nord car il borde les USA à l’est et la Chine à l’ouest… Le second est le gyre atlantique nord car il borde…les USA à l’ouest et l’Europe à l’est.

Dans ces gyres…

Le soleil est fort, les UV frappent les plastiques, les vagues les fragmentent toujours plus petits… L’océan se transforme en une soupe de plastique de petite taille à taille microscopique sur une trentaine de mètres d’épaisseur. Les fameux « continents de plastiques ».

Il y a jusqu’à 100 fois plus de particules de plastique que de plancton !

Une toute petite partie coule (plastiques denses, ou alourdis par les microorganismes qui s’y fixent), le reste patauge indéfiniment…

On a découvert une roche de plastique !

Au fond des océans, les sédiments forment une roche contenant une grande proportion de plastique.

Nous avons pu montrer, pour la première fois, que des microplastiques sont présents dans la couche sédimentaire supérieure des fonds marins. Jusqu’à présent, cependant, aucune déclaration concluante ne peut être faite sur la façon dont ces particules microscopiques ont été transportées de la surface au fond des océans. Pourtant, leur présence indique que les microplastiques ont envahi le milieu marin à un point tel qu’ils semblent être présents dans tous les océans et mers du monde, y compris dans les profondeurs abyssales.

Traduit de Microplastic pollution in deep-sea sediments (2013)

Lisbeth Van Cauwenberghe, Ann Vanreusel, Jan Mees, Colin R. Janssen.

Et alors ???

Quoi et alors, c’est pas flippant ? Il y a du plastique partout, dans nos rivières, océans et même sur les plaines abyssales où nous ne sommes jamais allé !

Mais c’est pas tout ! Le plastique, c’est toxique !

Alors ça, ça se saurait ! Depuis le temps qu’on est en contact avec le plastique, on en aurait vu les effets…

En effet, le plastique lui-même semble inoffensif (jusqu’à preuve du contraire)

Mais… vous le saurez au prochain épisode !

Sources

Mon défi : Tour d’horizon de la science en 30 jours

Les règles que je me suis fixées :

  • Je publie un article par jour pendant le mois de mars 2021
  • Je traite de la méta question de LA science
  • Je fournis mes sources principales
  • Je suis faillible et peux faire des erreurs, je les reconnaitrai publiquement lors de la correction d’articles (et créditerai celui ou celle qui me le fera savoir) – pas pour des fautes d’orthographe non plus 😉 il n’y a pas d’intérêt.

J’aimerais votre avis sur mon défi :

  • est-ce une bonne idée ?
  • que souhaitez-vous que je traite ?
  • est-ce utile, avez-vous appris de mes articles ?

J’attends vos commentaires.

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6 commentaires

  • Merci pour cet article ! Le plastique est un véritable progrès devenu un fléau. Moi qui plonge je peux attester que c’est catastrophique. Et rappelons qu’en plus des micro-plastiques les océans sont envahis du plastique des filets de pèche. Ils déciment la vie sous-marine. Regardez le reportage Seaspiracy vous serez édifiés. Merci en tout cas pour cette sensibilisation. 🙂

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    • Ancien plongeur aux Antilles, j’ai déjà pu constater le blanchissement des coraux en Guadeloupe. Ces dommages sont irréparables à l’échelle d’une vie humaine.
      En Guyane, l’eau n’est pas claire. Pas de plongée… (voir la fin de la vidéo https://des-sciences-animees.com/ep37bis-le-plastique-cest-toxique-la-video/) 😉

      Mais les plages sont constellées de plastiques de toutes tailles. OSL étudie en ce moment la présence des microplastiques sur le littoral. Il y en a partout.
      Notre biologiste a constaté des « mini » plastiques (de quelques mm, visibles à l’oeil si on s’approche) tous les 3 cm sur une plage de Kourou pas plus tard qu’hier…

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  • Le plastique c’est vraiment effrayant ! Il y a beaucoup de boulot pour arrêter la machine 😣 c’est dans un but éco-responsable que je monte mon activité de meuble en carton et déco récup ! Et j’espère embarquer le plus de monde possible ❤️

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    • Super, je ne suis aucunement spécialiste des solutions à apporter, mais déjà, repenser notre consommation et un projet global de société est essentiel.
      Commençons par sensibiliser nos enfants, ils sont souvent prescripteurs efficaces.
      Longue vie à votre projet, je vais m’y intéresser.

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  • C’est un tour d’horizon bien effrayant ma foi. En toute innocence, j’ai baigné dans le tout plastique. Et il est important de prendre conscience de ses effets pervers. A commencer par moi-même, en adoptant d’autres habitudes et les transmettre à mes enfants. Et j’avoue que l’exercice n’est pas toujours évident.

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    • Eh oui, l’exercice est extrêmement difficile si on le fait seul. C’est à mon sens, autant un projet individuel que sociétal. On a besoin d’un cap de société responsable dans lequel faire nos efforts individuels sera plus aisé.Et nos enfants doivent y être sensibles au plus tôt.

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