Ep3 – Le principe de parcimonie

Monstre du Lochness

Hier, en toute fin d’article, nous avons vu que les scientifiques se permettent d’invoquer des trucs qu’ils ne connaissent pas pour justifier leurs théories lorsqu’elles ne fonctionnent pas bien. Une planète inconnue par-ci, de l’éther par-là, de la matière noire, de l’énergie noire… que des trucs invoqués !

Aujourd’hui, nous allons invoquer les esprits des sciences !

Cet article fait partie d’une série

Je me suis lancé le défi de publier 31 articles en mars 2021 pour faire un tour d’horizon de la science. Celui-ci est le troisième publié (le premier est le sommaire du défi visible ici)

La science se construit autour de principes fondateurs, la parcimonie en est un.

Mais en quoi ça consiste la parcimonie en sciences ?

Une baisse drastique des budgets de la recherche ? Non, on ne peut pas, les budgets sont déjà serrés… 😉

La parcimonie est un concept associé au rasoir d’Ockham (ou Occam, les 2 orthographes sont correctes)

Ce n’est pas un principe purement scientifique mais un guide à la bonne méthodologie issu de la philosophie.

Guillaume d’Ockham écrivit ceci :

Pluralitas non est ponenda sine necessitate

(les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité)

Mais difficile de comprendre du premier coup quelle en est la véritable signification…

Mal traduit, cet énoncé est compris comme « La solution la plus simple d’un problème est la bonne »

Mais ce n’est pas vrai, il faut bien comprendre ce sens :

Dans un problème, il faut s’intéresser en premier à la solution la moins couteuse en hypothèses.

Autrement dit, il convient de confirmer ou d’infirmer en premier la solution dont le moins d’éléments sont supposés.

Un exemple concret

Dans un célèbre lac d’écosse, un promeneur photographie un monstre de type plésiosaure : une bête marine préhistorique au long cou.

La solution la plus simple : il y a un monstre dans le lac ! Et on a une photo…

Mais, avec la bonne lecture, il faut supposer que ce monstre vive en colonie suffisante pour la pérénité de l’espèce. Alors pourquoi ne l’avais-t-on jamais vu avant ? Il faut aussi supposer que le lac date du jurassique ou crétacé pour que des bestioles de l’époque puissent s’y trouver de nos jours et juste dans CE lac… Pas si simple, au final.

Par contre une solution ne demande pas d’hypothèses farfelues : La photo est truquée par un homo-sapiens bien réel. Ce n’est pas la solution la plus simple mais le trucage photo date quasiment de l’invention même de la photographie, les humains ont un cerveau équipé pour ce type de manoeuvre humoristique ou intéressée… finalement, cette hypothèse ne coûte rien ! Par contre ce n’est qu’une hypothèse probable à confirmer par l’expérience.

Si on ne trouve rien alors on passe à l’hypothèse juste un peu plus coûteuse.

Et voilà, la signification du rasoir d’Ockham et du principe de parcimonie n’a plus de secret pour vous

A appliquer à chaque fois qu’une découverte sensationnelle arrive sur Facebook.

Pas la peine d’invoquer des extra-terrestres pour édifier Stonehenge si un soixantenaire arrive à le reproduire seul et sans outillage moderne dans son jardin…

Le rasoir d’Ockham est un outil d’esprit critique.

Esprit critique ? C’est qui, celui là ? Un autre fantôme invoqué par les scientifiques ? Ça, vous le saurez demain.

Sources

Mon défi : Tour d’horizon de la science en 30 jours

Les règles que je me suis fixées :

  • Je publie un article par jour pendant le mois de mars 2021
  • Je traite de la méta question de LA science
  • Je fournis mes sources principales
  • Je suis faillible et peux faire des erreurs, je les reconnaitrai publiquement lors de la correction d’articles (et créditerai celui ou celle qui me le fera savoir) – pas pour des fautes d’orthographe non plus 😉 il n’y a pas d’intérêt.

J’aimerais votre avis sur mon défi :

  • est-ce une bonne idée ?
  • que souhaitez-vous que je traite ?
  • est-ce utile, avez-vous appris de mes articles ?

J’attends vos commentaires.

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