Ep27 – Les 2 vitesses de la pensée

2 vitesses de pensée

Notre système cognitif possède 2 circuits bien distincts réagissant pour appréhender notre environnement.

Venez découvrir le fonctionnement de votre pensée…

Cet article fait partie d’une série

Je me suis lancé le défi de publier 31 articles en mars 2021 pour faire un tour d’horizon de la science. Celui-ci est le vingt-septième publié (le premier est le sommaire du défi visible ici)

La pensée a 2 vitesses

D’après Daniel Kahneman dans son livre « Vitesse 1, vitesse 2 », notre pensée s’organise de la façon suivante :

  • Nous avons la mémoire, les habitudes, les ancrages culturels, environnementaux qui forment notre corpus de connaissances. Cet élément est essentiellement inconscient mais sert de base à la pensée.
  • Nous avons un petit processus d’entrée des pensées qui choisit si c’est le circuit « rapide » ou « lent » qui est activé pour telle pensée. Une sorte de « zone de tri » des pensées.
  • Nous avons un mécanisme de pensée rapide, basé sur l’intuition qui puise son inspiration dans l’élément mémoire pour apporter une réponse immédiate aux questions posées. Cette pensée rapide est de l’ordre de l’inconscient et nous donne une impression de réponse automatique qui colle à nos représentations déjà présentes. Ce mécanisme est inné
  • Enfin, le mécanisme de pensée « lente » fait appel à a conscience et à l’apprentissage du raisonnement. Ce mécanisme permet de résoudre les questions plus complexes mais il est lent à opérer et consomme des ressources (énergie/glucose, attention…).

La pensée rapide

Lorsqu’on veut une réponse rapide, ce circuit s’active et génère des pensées intuitives. C’est très utile pour réagir rapidement dans la très grande majorité des cas.

Le mécanisme fait surtout appel à du déjà vécu : toute situation similaire permet d’apporter une réponse similaire. Donc plus on a l’habitude de quelque chose, plus la vitesse de traitement de la pensée sera rapide.

Les exemples suivants vont vous aider à mieux comprendre :

La reproduction de gestes habituels :

Le système intuitif vous permet de conduire sans y penser. Au préalable vous devez avoir l’habitude de conduire. Mais il est fréquent qu’un trajet « domicile-travail » se fasse sans en avoir pleinement conscience. Votre cerveau est en pilotage automatique : vous suivez le chemin par habitude et vous manipulez les commandes de la voiture par automatisme.

La réponse à priori adaptée à une situation :

On vous tape sur l’épaule, vous avez un réflexe qui est hors de la pensée puis instantanément, votre pensée intuitive vous livre un message sur la situation :

Est-ce quelqu’un de connu ? Quelle est ses intentions (lecture hyper rapide des signes de bienveillance, agressivité, autorité, peur… chez la personne qui vous interpelle. Et même si vous ne la connaissez pas, vous aurez une idée de ses intentions.

L’estimation statistique :

Votre pensée rapide vous aide à estimer très rapidement des proportions vous permettant de faire un choix immédiat.

Pourcentage de chances que ça passe ou pas, ratio bénéfice/perte…

Ceci n’étant qu’une estimation, la réponse est suffisante dans les cas de la vie courante. On ne mesure pas la dose de sucre pour son café, on juge à la cuillère, sans même y prêter attention.

La pensée rapide est sensible aux biais

Et oui, c’est elle la responsable des illusions et biais cognitifs. C’est pour cela que ce sont des mécanismes inconscients. Ils agissent sur le système rapide.

Exemple : Un repas + boisson coûte 12€, le plat coûte 8€ de plus que la boisson. Combien coûte la boisson ?

4€ ? Facile ! C’est rapide à trouver, sauf que c’est faux…

Comment ça ? Allez, passons en système de pensée lente !

La pensée lente

C’est la pensée de l’analyse consciente. Elle est sensible à nos apprentissages et se base sur le même corpus « mémoire » mais à un niveau de raisonnement plus complexe et profond.

C’est elle qui résout les biais

La pensée intuitive nous mêne en erreur, la pensée consciente est capable d’analyse complexe :

Notre repas vaut 12€, si la boisson vaut 8€ de moins que le plat, elle vaut la moitié de 12-8=4 soit 2€ la boisson et 10€ le plat. Pas 4€ la boisson !

Nos apprentissages et la pensée lente

Je vous l’ai dit, déjà, mais nos apprentissages conditionnent la qualité de traitement de notre pensée consciente. Avec les notions d’esprit critique, c’est elle qui analyse un post pour vous indiquer pourquoi c’est un fake.

Ce qui est intéressant, c’est qu’en travaillant nos réflexions conscientes, on peut les ancrer comme habitudes, et donc automatiser leur traitement en pensée rapide.

Par exemple, lors des cours d’auto-école, on doit réfléchir à tout, analyser consciemment notre environnement de conduite, penser consciemment aux actions à mettre en oeuvre pour tourner, freiner ou changer de vitesse. Puis, par répétition de conduite, on finit par laisser le système intuitif nous conduire du travail à chez nous…

La puissance d’analyse

Ce système de pensée lente permet des analyses poussées, nous permet d’aller chercher des informations complémentaires, apprendre d’un sujet à traiter.

C’est la pensée des scientifiques au travail.

Les limites de la pensée lente

En premier lieu, elle est … lente ! Si on identifie les intentions de quelqu’un en quelques fractions de secondes, l’analyse du discours pour réfléchir à la réponse à donner prend du temps.

Elle est energivore, vraiment, sur le plan consommation de glucose. Une concentration élevée sur un temps long épuise les réserves de l’organisme. D’où les collations lors des examens.

Elle agit sur le corps : dilatation des pupilles, tunnelisation de la pensée, augmentation du rythme cardiaque…

Le module de tri

C’est un tout petit algorithme à l’entrée de la pensée qui choisit quelle mode de vitesse est approprié pour résoudre telle situation. A 90%, il va aiguiller sur le mode rapide. C’est dans cet algorithme qu’il faut insérer des réflexes « alerte bullshit ». Ça se fait en apprenant les biais, arguments fallacieux dans la pensée lente et en s’entrainant à les repérer dans la vie quotidienne (discours politiques, publicité…) Une fois entrainé, ça devient automatique et traité par la pensée rapide qui sait faire appel à la pensée lente si nécessaire.

Le module de tri est géré par la pensée rapide qui active ou pas la pensée lente.

En gros, la pensée lente choisit par elle-même si elle peut traiter l’information ou si une puissance d’analyse est nécessaire (système lent).

Pour conclure

En comprenant ce fonctionnement, vous voyez comment agir pour vous préserver des biais qu’on a déjà rencontrés, de ceux que nous verrons au fur et à mesure. Vous apprendrez aussi à vous méfier de vos intuitions lorsque c’est nécessaire (exemple du repas : le calcul n’est pas intuitif) et vous prendrez un encas lors d’examens ou travaux réflexifs importants.

Sources

Mon défi : Tour d’horizon de la science en 30 jours

Les règles que je me suis fixées :

  • Je publie un article par jour pendant le mois de mars 2021
  • Je traite de la méta question de LA science
  • Je fournis mes sources principales
  • Je suis faillible et peux faire des erreurs, je les reconnaitrai publiquement lors de la correction d’articles (et créditerai celui ou celle qui me le fera savoir) – pas pour des fautes d’orthographe non plus 😉 il n’y a pas d’intérêt.

J’aimerais votre avis sur mon défi :

  • est-ce une bonne idée ?
  • que souhaitez-vous que je traite ?
  • est-ce utile, avez-vous appris de mes articles ?

J’attends vos commentaires.

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