Ep25 – Comment les araignées fabriquent-elles leurs fils ?

Araignée au Pérou

Ah, ces questions d’enfant… savez-vous répondre ? Non ?

Alors suivez le guide… (vous avez vu ? J’ai illustré pour les âmes sensibles…)

Cet article fait partie d’une série

Je me suis lancé le défi de publier 31 articles en mars 2021 pour faire un tour d’horizon de la science. Celui-ci est le troisième publié (le premier est le sommaire du défi visible ici)

Définitions

Eh oui, poser le cadre de la question est important.

Déjà araignée :

LAROUSSE

Arachnide caractérisé par son abdomen souple et non segmenté, ses chélicères (crochets) venimeux, son aptitude à produire et à filer la soie.

Les arachnides :

LAROUSSE

Arthropode terrestre ou dulcicole sans antennes ni mandibules, mais possédant des chélicères et 4 paires de pattes locomotrices, tel que les araignées, les scorpions, les acariens, etc. (La classe des arachnides compte plus de 50 000 espèces.)

Bon ! Les arthropodes alors :

LAROUSSE

Animal constitué d’une suite d’anneaux durs extérieurement, souplement articulés entre eux et dont certains portent une paire d’appendices ventro-latéraux (pattes par exemple), eux-mêmes divisés en segments articulés.

On peut continuer longtemps à ce jeu là !

En bref, les araignées sont des bébêtes à squelette externe caractérisés par

  • leurs 8 pattes,
  • leurs chélicères (crochets venimeux),
  • une anatomie en 2 parties :
    • un céphalothorax : une partie « avant » qui sert de tête (céphalo) et de thorax en même temps. Les 8 pattes y sont fixées,
    • un abdomen,
  • leur capacité à produire des soies.

Le fil des araignées s’appelle donc une soie. C’est un fil composé de protéines, mais ça on va développer.

On peut aussi parler de toiles d’araignées, faites de plusieurs qualités de soies…

Bon, je pense que le cadre est là : comment l’araignée fabrique-t-elle sa soie ?

Ben, comme Spiderman ! Elle lève son poignet et pioufff ziiiip le fil sort et va se coller au plafond…

En fait, pas vraiment, vous imaginez-bien.

Les araignées, les soies…

Parmi les araignées, certaines sont plus douées dans des usages particulier des soies – pour faire des toiles, des fils gluants, pour emmailloter leurs proies, pour construire leur abris, des pièges, pour se déplacer comme Tarzan ou les utiliser comme véhicule…

Et à chaque usage correspond un type de soie (voire plusieurs dans un même ouvrage) bien spécifique.

Les araignées sont capables de modifier la qualité et les caractéristiques des soies en fonction de leurs utilité ! Trop fort !

Mais comment font-elles pour sortir ces fils ?

Ont-elles des bobines sous les pattes (une bobine par qualité de soie) ?

Pas du tout, elles ont une série de pistolets à colle…

Fabriquer de la soie

Les araignées sont équipées de glandes à la base de l’abdomen. Chaque glande produit un fin fil que l’araignée assemble en une soie.

Comme on peut faire un fil de colle au pistolet, l’araignée produit un liquide qui durcit et devient solide. Très solide. Une soie d’araignée a des caractéristiques physiques impressionnantes et très intéressantes pour des usages variés. On dit qu’elle est à la fois plus résistante qu’un fil d’acier du même diamètre et beaucoup moins lourde.

Chaque glande produit un liquide contenant des protéines de soies. Lorsque le liquide est émis par la glande, il se réarrange en fil et durcit.

C’est en modifiant les protéines que l’araignée change les caractéristiques de la soie.

Utiliser la soie

Les usages des soies par les araignées sont multiples. Reprenons :

Une soie pour faire une toile

En fait DES soieS pour faire UNE toile.

Vous avez remarqué que si les mouches se collent sur les toiles d’araignées, leurs propriétaires se déplacent sans problème. Alors, super pouvoir ? Non, elles connaissent les plans de leur construction.

Au départ, elles tissent des fils pour porter la structure. Elles collent l’extrémité d’un fil puis rejoignent un autre support en tendant le fil entre les 2 points d’accroche. Elles procèdent ainsi pour entourer la future toile. Puis elles tricotent les rayons de la toile entre ces fils support.

Une fois l’ossature terminée, elles tissent un fil gluant (changement de qualité de soie) en spirale.

Lorsqu’elle se déplace sur sa toile, l’araignée ne pose ses pattes que sur les rayons, non collants. C’est fort quand même de coordonner 8 pattes à cet exercice de « je ne dois pas marcher sur la colle »…

Suspendre un piège gluant

Celles qui ne font pas de toiles utilisent les soies d’autres façons. En faisant une boulette de soie (poids) fixée sur un fil collant, elles piègent un insecte insouciant et le remontent comme quand on pêche.

Il ne manque que la canne.

Fabriquer son abris

Les fils de soie sont solides et l’araignée se fabrique un abris en soie, collant ensemble des feuilles mortes ou fabriquant un tube de soie dans un terrier… La soie devient matériau de construction. L’araignée fabrique alors une soie hydrophobe (de hydro = eau, phobie = qui a peur de), c’est à dire une soie qui repousse l’eau, protégeant ainsi son abri de l’humidité ou de la pluie.

Jouer à Tarzan

On a tous vu une araignée, suspendue à son fil, descendre du plafond.

L’araignée fabrique en direct sa corde d’escalade. Si vous passez votre main sous elle, il n’y a rien, au-dessus vous accrochez son fil.

Elle tisse donc sa soie à sa vitesse de descente. Plus fort que Mamie et son tricot !

Mais si elle remonte, son fil « disparait ». Magie ?

Non, elle le mange, tout simplement.

Le fil est fait de protéines, en le mangeant, l’araignée le recycle pour pouvoir en refaire un autre plus tard.

Fil biodégradable et recyclable. Au top de l’écologie, Madame Araignée !

Emmailloter ses proies

La qualité de la soie recherchée par l’araignée pour se faire un garde manger, c’est de protéger sa proie le temps de pouvoir la manger. Elle fabrique un cocon de soie étanche et le colle à sa toile pour y revenir plus tard.

Voyager au gré du vent

Les araignées sont capables, pour les plus légères, de migrer par les airs :

Elles tissent une soie assez longue qui sera emportée par le vent. Elles y restent accrochées et voyagent sous leur cerf-volant. Malin, non ?

Les soies sont donc des protéines

Et une araignée peut avoir jusqu’à 7 types de glandes différentes pour 7 qualités de soies…

Les protéines viennent de la nourriture de l’araignée.

Manger, digérer, filer

L’araignée fait bon usage des protéines : ses chélicères, crochets venimeux injectent un venin capable de dissoudre l’intérieur de ses proies. L’araignée aspire ce liquide pour se nourrir. Les protéines sont découpées en éléments de base : les acides aminés.

Ces acides aminés sont amenés dans les glandes à venin (car le venin est aussi une soupe de protéines) et dans les glandes à soies.

Les acides aminés sont recombinés (comme des briques de lego…) en protéines (…font des maisons en lego) spécifiques d’une qualité de soie.

Le liquide est stocké dans des glandes et, lorsque l’araignée en a besoin, elle contracte ses glandes pour que le liquide passe par un circuit qui « arrange » les protéines : à la sortie, le liquide sort transformé en soie.

Les araignées peuvent manger leur toile

Eh oui, on vient de voir que ce sont des protéines. En mangeant ses soies, l’araignée recycle les protéines en acides aminés qui donnent de nouveau des soies… Vous comprenez donc pourquoi une araignée qui remonte sur son fil n’en laisse pas derrière elle.

Moi, j’aime pas les araignées !!!

Et moi, pas forcément non plus, rassure-toi.

Mais c’est une erreur. Elles sont hyper utiles tant dans le jardin que dans la maison. Elles nettoient leur environnement des insectes qui, eux peuvent être embêtants. Moustiques, mouches et autres nuisibles pour nous sont contrôlés par les araignées.

En plus, les araignées ne sont pas dangereuses, à part de très rares espèces.

Alors à part enlever de temps en temps leurs vieilles toiles au plafond, laissez-les vivre chez vous…

Et pour finir une expression araignée : à la place de « de fil en aiguille » elle disent :

De soies en chélicères,

😉

Sources

Et vous, que vous inspire cet article ?

Mon défi : Tour d’horizon de la science en 30 jours

Les règles que je me suis fixées :

  • Je publie un article par jour pendant le mois de mars 2021
  • Je traite de la méta question de LA science
  • Je fournis mes sources principales
  • Je suis faillible et peux faire des erreurs, je les reconnaitrai publiquement lors de la correction d’articles (et créditerai celui ou celle qui me le fera savoir) – pas pour des fautes d’orthographe non plus 😉 il n’y a pas d’intérêt.

J’aimerais votre avis sur mon défi :

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