Ep10 – Preuves en science : grimpons l’échelle ! Les non preuves…

Déguisement de licorne

Je vais vous parler aujourd’hui de ce qui n’est pas une preuve en science même si on y porte un certain intérêt dans nos vies quotidiennes.

Alors comme j’aime bien l’idée de Mr Sam dont j’ai déjà partagé les vidéos, je les appellerai aussi les « indices ». Pas preuve mais peut-être un truc à creuser… Sherlock de la science, prenez vos loupes et étudions les indices.

Cet article fait partie d’une série

Je me suis lancé le défi de publier 31 articles en mars 2021 pour faire un tour d’horizon de la science. Celui-ci est le dixième publié (le premier est le sommaire du défi visible ici)

La science veut des preuves… des vraies et voici ce qui n’en est pas !

On va commencer tout en bas de l’échelle :

Notre bon sens, le bon sens commun, ça touche la vérité, non ?

Certainement pas ! La science s’est construite justement contre le bon sens.

Depuis l’antiquité, on pensait que les objets lourds tombaient plus vite, c’est le bon sens et c’est observable… Sauf que Galilée prouve le contraire. Tous les corps tombent à la même vitesse « dans le vide » qui n’était pas même pas imaginable pour la plupart à l ‘époque… Le bon sens : on vit tous le même temps, ce qui est contraire à la relativité générale.

Comme le dit Étienne Klein, la science se construit contre le bon sens si bien que lorsque vous entendez l’énoncé d’une loi scientifique pour la première fois elle vous semble absurde.

Les rumeurs, ça marche comme début de preuve ?

Evidemment non, pas du tout. Même au quotidien, j’espère que vous vous méfiez des rumeurs… vraiment ? Sur de vous ? Et le partage des rumeurs sur Facebook ? Du type « quelqu’un m’a envoyé ça, regarde, j’hallucine : Suivi d’une pauvre vidéo touchant fort aux émotions »

Rumeurs, rien de plus. Aucune source, aucun essai pour trouver une explication, juste un truc bizarre et/ou sensationnel sans plus. Enseignants, la rumeur qu’on ferait de l’éducation sexuelle en primaire, vous êtes au courant ?

Il ne faut accorder aucun crédit à ces messages et surtout ne pas les partager sans avoir tenté de trouver la source et vérifié la véracité des faits (car, petit rappel, le réel s’impose à nous et ne fait aucun cas de nos croyances…)

Si vous voulez y croire, c’est votre problème mais il n’y a rien de probant dans ces rumeurs.

Pour aller plus loin et vérifier assez rapidement que c’est bien une rumeur et pas un « vrai » témoignage, vous pouvez soumettre à des sites répertoires de rumeurs comme hoaxbuster en français.

Tout le monde en parle. La popularité, c’est une preuve !

Eh oui ! Si c’est si populaire, c’est que c’est vrai ! Là, j’ai une preuve scientifique.

En fait, non ! La popularité n’est qu’une forme élaborée de rumeur. Et dans l’histoire, de nombreux cas d’avis populaires se sont révélés faux. C’était populaire de mettre la Terre au centre de tout, après tout nous y habitons et notre égo nous place au centre d’attention. Mais Copernic a commencé à démontrer que cette popularité était bien moins élégante que de mettre le Soleil au centre. Un certain traitement contre le COVID 19 est devenu populaire et pourtant n’en n’est pas moins inefficace… La popularité, c’est bon pour la pub, pas la science.

J’ai un témoignage ! C’est bien une preuve scientifique, ça ?

Non, il manque de la fiabilité aux témoignages. C’est pas assez solide. Vous vous souvenez des pareidolies ? Des illusions ? Nos témoignages sont une représentation de notre vécu d’un événement. Donc modelé, reconstruit par notre jugement.

Il est même possible de créer de faux souvenirs. Rien de fiable, donc. Au plus c’est un indice d’une piste qui nécessite d’être explorée.

Ah ! J’ai un avis d’expert ! C’est bon maintenant. J’ai ma preuve !!!

Toujours pas mais on s’en approche. Un avis d’expert est un … témoignage. Gold platinum mais un témoignage quand même. Alors si l’expert donne un avis conforme au consensus des experts, c’est un avis fiable qui n’est pas une preuve en science mais un « résumé » à l’attention d’un public non expert.

Mais l’expert peut donner son avis personnel, sans méthodologie scientifique et contre l’avis de ses pairs. Il convient de rester prudent avec un avis d’expert.

Premièrement, il faut que l’avis donné soit dans le champ de compétences de l’expert. Un avis sur un autre sujet que son exercice professionnel perd de sa valeur « expert » et devient un simple témoignage.

Ensuite, il faut s’assurer que l’avis donné fait consensus chez les autres experts. Sinon, il est peut-être le seul à penser comme il l’exprime.

Autres trucs qui ne sont pas des preuves

Les articles de journaux

(Y compris spécialisés) sont des témoignages plus ou moins experts. C’est utile, ce n’est pas le propos mais ce ne sont pas des preuves scientifiques.

Les orientations politiques

Au mieux, les décisions politiques s’appuient sur des connaissances scientifiques mais sont indépendantes de celles-ci. Quel choix de traitement des déchets ? On s’appuie sur des données de science mais on prend la décision qu’on veut. Ce n’est pas parce-que un gouvernement entérine des mesures sur fond de science que ça en fait une « preuve » scientifique.

D’ailleurs, si les politiques tenaient vraiment compte des connaissances scientifiques, nous n’aurions pas cette écologie au rabais qui ne sert qu’à avoir bonne conscience…

Les articles en pré-print

Ce sont de véritables articles de recherche scientifique qui sont publiés sans relecture par les pairs. En anticipation d’une validation.

On en a beaucoup entendu parler pour le COVID. En effet, vu l’urgence à produire des connaissances, de nombreuses équipes publiaient en pré-print au plus tôt. Malheureusement ces « papiers », repris par la presse ont fait du tort.

Comme l’article indien montrant une similarité de l’ARN avec des fragments de VIH qui a été retiré avant même d’être soumis à relecture car très peu fiable et dans l’erreur méthodologique. En gros, il disait qu’un avion, c’est comme une machine à laver : il y a des boutons et des diodes vertes dans les deux…

Donc prudence !

Sources

Mon défi : Tour d’horizon de la science en 30 jours

Les règles que je me suis fixées :

  • Je publie un article par jour pendant le mois de mars 2021
  • Je traite de la méta question de LA science
  • Je fournis mes sources principales
  • Je suis faillible et peux faire des erreurs, je les reconnaitrai publiquement lors de la correction d’articles (et créditerai celui ou celle qui me le fera savoir) – pas pour des fautes d’orthographe non plus 😉 il n’y a pas d’intérêt.

J’aimerais votre avis sur mon défi :

  • est-ce une bonne idée ?
  • que souhaitez-vous que je traite ?
  • est-ce utile, avez-vous appris de mes articles ?

J’attends vos commentaires.

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